Brad Mehldau et Pat Metheny au cirque royal le 27/6/07

Un élément que les artistes ne peuvent pas contrôler, heureusement d’ailleurs, c’est la magie qui émane de leurs créations, celle-ci étant tout à  fait indépendante du travail, des heures passées et même de la culture
du compositeur, un morceau de musique improvisé sur 2 accords peut donner plus de rêve, d’énergie et d’émotion qu’une composition hyper travaillée et sophistiquée … la musique, c’est ce qui passe entre les notes et les sons, c’est incontrôlable comme l’amour, et bien sur relatif de chacun à  chacun.

Loin de moi l’idée de critiquer ces magnifiques musiciens que sont Mehldau et Metheny, qui sont pour moi (je cite Metheny qui parle du trio Mehldau) « my heroes », je leur pardonne tout, mais j’ai écouté plusieurs fois leur disque et aussi un enregistrement public, mais rien à  faire, je n’ai jamais trouvé l’alchimie miracle dont je parle plus haut, celle qui fait monter mes larmes ou mon taux d’adrénaline, avec moi, ça ne fonctionne pas, c’est fantastique techniquement, c’est plein de bons sentiments et de bonne volonté, mais ça ne me fait pas vibrer

Est-ce dû au mélange toujours difficile de la guitare et du piano?, 2 instruments à  cordes qui sonnent dans la même tessiture, ou serait-ce l’association infructueuse de deux trop grands génies?? j’ai des idées mais pas de réponse

Il faut ajouter à  ça, que le son était vraiment dégueulasse pour un concert de cette classe, là  où j’étais (à  20 mètres de la scène sur le côté) j’ai du plusieurs fois agrandir le pavillon de mon oreille avec la main pour pouvoir discerner les notes du piano, le son de la guitare étant plus fort en volume et la plupart du temps noyé dans une réverb bizarre, à  la fin, j’ai été me poser derrière le sonorisateur, pour entendre un son hyper-compressé (un son de concert rock) et le piano sous-mixé, faut le faire quand il s’agit du trio de Brad Mehldau + Metheny, invraisemblable! mais qui était ce mec au mix?

Si vous étiez là ou si vous connaissez leur(s) disque(s), je serais heureux de connaitre votre avis
F.

4 Comments on “Brad Mehldau et Pat Metheny au cirque royal le 27/6/07

  1. je n’étais pas au concert. je me méfie de ce genre de réunion où les mots génie, événement, monument nous sont martelés comme si la musique devait être associée à des superlatifs. il y a tellement de choses invisibles, incompréhensibles, personnelles, partiales qui font qu’à un moment donné par je ne sais quel miracle, une note, un accord, un solo procurent la chair de poule, nouent les tripes, mouillent les pupilles. cette alchimie-là, elle a à voir avec le partage, l’échange et le dialogue ce qui n’a peut-être pas été le cas ce soir là.
    je me souviens d’un concert de michel petrucciani où un déluge de notes ne nous a procuré que de l’ennui au contraire d’une autre fois où nous sommes sortis de la salle avec des étoiles dans les yeux. idem pour d’autres « grands »
    jl

  2. merci pour ton commentaire JL, je ne pense pas qu’il s’agit d’une question de circonstance dans leur cas précis, car à l’écoute de leurs enregistrements, j’ai la même sensation, c’est leur mélange qui freine la créativité, Brad Mehldau trio c’est toujours surprenant émouvant etc, avec Pat c’est moins bien … ce n’est bien sur que mon humble avis

  3. Bon, comme cette magie inexplicable qui se glisse entre les notes et le son, l’opinion de chacun dépend de la sensibilité et de l’expérience de chacun. Moi, perso, j’ai aimé – les disques et le concert – mais un des problèmes avec Pat Meth, c’est qu’à chaque fois, on pense que la barre va aller de plus en plus haut, et avec elle la magie… Alors parfois, eut égard aux compos ou au binôme choisi, on sera plus ou moins content.

    Cela dit, ta remarque sur le son m’interpelle. J’étais assis au 1er rang – dead center, à trois mètres de PM ! Et je ne le regrette pas car je me suis fait plusieurs fois la réflexion que le piano devait peut-être être un peu « sourd » dans le mix (et parfois la basse aussi) pour ceux situés plus loins. Voilà qui confirme un peu ce que je ressentais. Cela fait 25 ans que je connais la musique de Pat et une quinzaine d’années que je me pose régulièrement des questions sur le sens du mix de son ingénieur fétiche David Oakes (catogan et barbe à la conso). En formation « Group », c’est le plus souvent les voix qui se dissipent prématurément.. Par contre, batterie et percu son toujours magnifiquement amplifiés, quelque soit la salle. Il arrive qu’un mix soit « en-dedans », mais avec David Oakes, il y toujours un « truc » flagrant qui ne va pas. Je sais que c’est aussi souvent le règne du compromis en focntion de l’architecture d’une salle. mais avec Oakes, c’est la règle plutôt que l’exception. Bizarre.. Phil

  4. merci pour tes lumières Philvo, tu confirmes en fait ce que je pressentais, quand j’ai vu cet ingénieur du son étalé sur la table, j’ai remarqué son look américain de vieux baroudeur, et j’ai fait un lien rapide entre Pat et lui, je comprends maintenant pourquoi il a mixé ce concert comme il devait déjà le faire dans les années 80 à l’époque de Lyle Mays, plutôt « rock » avec la guitare en avant, c’est le bon gout américain!, de la sauce barbecue sur un plateau de fruits de mer … un beau gâchis

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